Chansons

Chansons

Texte : Lyne
illustration : Cortez

Quand je pense à la Russie, me vient aussitôt en tête la chanson de Bécaud. C’est comme si on appuyait sur un bouton on/off. Russie : on = Nathalie, en voix off qui met sur off les dictateurs. Une Russie de film d’amour, de joie et de jeunesse, la bonne vieille Russie de notre enfance.
Une Russie d’avant Poutine. Celui-là, je ne peux même pas le regarder. Je fais comme si il n’existait pas. On peut appeler ça faire l’autruche, c’est une façon de considérer les choses. Mais c’est aussi une sorte d’acte magique, une vision enfantine de la réalité : Si je ne te vois pas, tu n’existes pas.
J’ai cette tendance, débutée avec l’ère Sarko. Je ne pouvais pas même l’envisager, lui. Changement immédiat de chaîne de télé ou radio dès qu’il apparaissait. Alors, à force, vous voyez, il a fini par disparaître…
Je tente la même chose avec notre actuel président, mais vous ne m’aidez pas sur e-delire, vraiment, avec votre Macron du mois.

Pour en revenir à notre chanson, elle a eu un bel impact sur le réchauffement des relations franco-russes, en pleine guerre froide.
Oui, je sais, je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…
Et Charles Aznavour qui est mort avant-hier.
Tout fout l’camp.

Allez, par bonheur, les chansons ont une vie autonome. Reprenez avec moi tous en cœur !

La place Rouge était vide
Devant moi marchait Nathalie
Il avait un joli nom, mon guide
Nathalie
La place Rouge était blanche
La neige faisait un tapis
Et moi je suivais par ce froid dimanche
Nathalie
Elle parlait en phrases sobres
De la révolution d’octobre
Je pensais déjà
Qu’après le tombeau de Lénine
On irait au café Pouchkine
Boire un bon chocolat
La place Rouge était vide
Je lui pris son bras, elle a souri
Il avait des cheveux blonds
Mon guide
Nathalie, Nathalie

Dans sa chambre à l’université
Une bande d’étudiants
L’attendait impatiemment
On a ri, on a beaucoup parlé
Ils voulaient tout savoir
Nathalie traduisait
Moscou, les plaines d’Ukraine
Et les Champs-Élysées
On a tout mélangé
Et l’on a chanté
Et puis ils ont débouché
En riant à l’avance
Du champagne de France
Et l’on a dansé
Et quand la chambre fut vide
Tous les amis étaient partis
Je suis resté seul avec mon guide
Nathalie
Plus question de phrases sobres
Ni de révolution d’octobre
On n’en était plus là
Fini le tombeau de Lénine
Le chocolat de chez Pouchkine
C’est, c’était loin déjà
Que ma vie me semble vide
Mais je sais qu’un jour à Paris
C’est moi qui lui servirai de guide
Nathalie, Nathalie

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